Le don d’organes en questions

Le don d’organes en questions

Sans don, pas de greffes possibles. Qui peut donner ? Que donne-t-on exactement ? Et quelle est la démarche pour être donneur ou s’opposer au don ? L’équipe de coordination de l’hôpital Beaujon et de Bichat sont à votre disposition pour vous apporter des informations utiles sur le don d’organes.

( à garder ou mettre dans une autre page ? )La greffe est un acte médical de la dernière chance. Elle est envisagée quand l’état d’un malade se dégrade, et que seul le remplacement du ou des organes défaillants peut permettre son amélioration.
Dans certains cas, il est possible de donner ses organes après sa mort. Ainsi les reins, le foie, les poumons, le pancréas, l’intestin … d’une personne décédée peuvent être prélevés et greffés à une ou plusieurs personnes malades.
En 2007 (actualiser les chiffres !), 13 081 français ont eu besoin d’une greffe. Ce nombre augmente chaque année du fait de l’allongement de la durée de vie, mais aussi du fait du manque d’organes. 4666 greffes ont été réalisées, cependant 227 patients sont décédés faute de greffe à temps.

Qui peut donner ?

Le prélèvement d’organes n’est possible que dans des conditions exceptionnelles. Seuls les patients en état de mort encéphalique dans un service de réanimation, peuvent être prélevés.

Le plus souvent, les donneurs sont des personnes décédées après un traumatisme crânien, ou un accident vasculaire cérébral à l’hôpital, ou après un arrêt cardiaque. La possibilité de prélever un ou plusieurs organes est envisagée après le constat du décès, suite à l’arrêt irréversible de l’activité cérébrale.

Les organes sont maintenus artificiellement en état de fonctionner par des techniques de réanimation jusqu’à l’opération de prélèvement. Le corps, traité avec respect, est ensuite rendu à la famille.

Que dit la loi ?

Les trois grands principes de la Loi de Bioéthique sont :

  • Le « consentement présumé » :
    Après sa mort, toute personne est considérée consentante au don d’éléments de son corps en vue de greffe, si elle n’a pas manifesté son opposition de son vivant. La loi nous donne donc la liberté de décider personnellement. En cas de décès, le médecin demandera aux proches si le défunt était opposé au don d’organes.
  • La gratuité :
    Le don d’organes est un acte de générosité et de solidarité entièrement gratuit. La loi interdit toute rémunération en contre partie de ce don.
  • L’anonymat :
    Le nom du donneur ne peut être communiqué au receveur, et réciproquement. La famille du donneur peut cependant être informée des organes et tissus prélevés ainsi que du résultat des greffes, si elle le demande.

 

Comment exprimer son choix ?

SI VOUS ÊTES POUR le don d’organes et/ou de tissus en vue de greffe :

  • Dites le à vos proches pour qu’ils puissent en témoigner.
  • Portez sur vous une carte de donneur. Celle-ci n’est pas obligatoire mais elle est utile car elle témoigne de votre décision.
    Pour toute demande de carte, appelez au N° Vert : 0 800 20 22 24

SI VOUS ÊTES CONTRE le don d’organes ou de tissus en vue de greffe :

  • Dites le à vos proches pour qu’ils puissent en témoigner.
  • Demandez votre inscription au registre national des Refus. Elle est révocable à tout moment.
    Formulaire d’inscription : www.dondorganes.fr rubrique « comment exprimer son refus »

SI JE N’AI PAS FAIT CONNAÎTRE MA VOLONTE
En cas de décès, vos proches seront confrontés à une situation difficile et à une responsabilité car les médecins leur demanderont si vous étiez opposé au don. C’est souvent parce qu’ils ignorent la volonté du défunt que, dans le doute, les proches s’opposent à un don d’organes ou de tissus.

Les religions et le don

Pour la plupart des religions, la vie humaine est une valeur essentielle. Elles s’accordent pour soutenir tout ce qui peut la sauvegarder ou la soulager. Le prélèvement d’organes, qui a pour finalité de sauver ou restaurer la vie, ne rencontre pas d’objection de principe.

Qui va recevoir ?

Les malades pour lesquels il n’existe plus d’autre solution que de remplacer l’organe déficient par un organe sain sont inscrits par leur médecin sur une liste nationale d’attente. Ce sont des patients atteints de mucoviscidose, de malformations cardiaques, d’insuffisance rénale terminale, de cirrhose, de certains cancers…

Une greffe de cœur, de poumon, de foie est vitale. Le malade n’a plus que cette solution pour continuer à vivre. La greffe rénale est moins urgente, mais elle améliore considérablement la qualité de vie des patients qui étaient dialysés.

Aujourd’hui, une personne greffée peut reprendre une vie quasiment normale. Elle peut travailler, avoir des enfants, faire du sport, voyager… Elle doit cependant suivre un traitement à vie, pour éviter le rejet de l’organe greffé.

Quels organes sont prélevés ?

Sur un donneur en état de mort encéphalique, on prélève en moyenne 4 organes. Les organes pour lesquels les besoins sont les plus importants sont : les reins, le foie, le cœur, les poumons, le pancréas, l’intestin.

On prélève également souvent les cornées et parfois des parties d’intestin ou de tissus comme les os, les artères, la peau… Les yeux ne sont jamais prélevés à des fins de greffe.

Les éléments du corps qui , une fois prélevés, peuvent modifier l’aspect du défunt sont remplacés par des éléments artificiels : fines lentilles à la surface des yeux pour remplacer les cornées, des prothèses en matériaux synthétiques pour les os. Le corps rendu aux familles ne porte pas de cicatrices apparentes des prélèvements, seulement des pansements.